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MEA CULPA : Compote de compliments

Chers lecteurs, il semblerait que mes récentes chroniques aient froissé quelques écailles sensibles. On me rapporte que l'humeur est à l'orage du côté Sétites, et mon cœur, bien que techniquement immobile, en saigne d'avance. Pour me faire pardonner et restaurer l'harmonie dans notre charmante cité, j'ai décidé de consacrer cet espace à l'éloge de ce clan si... particulier.

Avant d'entamer ce panégyrique, la déontologie m'oblige à une petite précision : bien que la source de ce revirement soit anonyme, aucune clause de confidentialité n'a été prévue dans nos échanges. Je peux donc librement vous confier que cet article a été généreusement « subventionné ». Rendons à César ce qui appartient à César, et à l'argent ce qui appartient à l'influence.

Commençons par le brillantissime Hector Raspoutine. Quel esprit ! Sa sagacité n'a d'égale que sa fortune. On murmure dans les alcôves que le Tout-Empire lui doit des faveurs immenses, tant il collectionne les dettes d'autrui avec le flair d'un génie de la haute finance. Un intellect si vaste, si complexe, qu'il en devient parfois... insaisissable pour le commun des immortels. C’est sans doute pour cela que ses décisions semblent parfois si déconcertantes : le génie est un fardeau que nous, pauvres d'esprit, peinons à comprendre.

Poursuivons avec “La Pierre”. Ne vous fiez point à son pseudonyme, car sous cette apparente rudesse se cache une créature d'une beauté si exceptionnelle qu'elle en devient presque... insoutenable. Un véritable Apollon de la nuit, doté d'une grâce sans pareil qui se manifeste dans chaque mouvement, chaque geste. Mais c’est lorsque le silence se brise que le prodige opère réellement : une richesse de vocabulaire et une élévation d'esprit qui feraient passer nos plus grands académiciens pour des écoliers bégayants. Un esprit d'une finesse si cristalline qu'il semble presque trop pur pour notre monde de brutes.

Quelle bénédiction pour notre Cour d'accueillir Maëlle Umière, dont l'expertise s'avère d'une urgence absolue pour la politique de nos nuits. L'habileté avec laquelle cette éminente archéologue dépoussière de vieux cailloux force l'admiration. Et que dire de sa maîtrise étourdissante de dialectes éteints depuis trois millénaires ? C'est un réconfort indescriptible de savoir que si, d'aventure, un vase canope décidait de menacer notre Praxis, nous aurions la personne idéale pour engager les négociations. Sa passion dévorante pour tout ce qui est définitivement mort, enterré et dénué d'intérêt pour le présent est si fascinante qu'elle ferait presque passer notre propre condition pour le summum de la modernité.

Quant à Alicia... point n'est besoin de s'étendre. Mes lecteurs les plus assidus se souviendront d’une de mes précédentes chroniques qui elle vaut la lecture.

Voilà donc la vérité rétablie. Ces êtres sont des parangons de vertu et de compétence. Et si d'aventure vous trouviez cette description un tantinet décalée de la réalité, c'est sans doute que vous manquez de vision... ou de subventions.

Je reste à votre écoute, chers lecteurs. La vérité est un plat qui se mange froid, de préférence avec une plume bien aiguisée.

Note au Sélénarque :
Ne me remerciez pas, le plaisir de l'honnêteté m'appartient tout entier.

Commanditaire annonyme.