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"LA CONFESSION DES OMBRES" : SI SEULEMENT LA POLITIQUE ÉTAIT AUSSI BIEN ÉCRITE QUE CE SCÉNARIO

Il y a quelque chose de fascinant dans le sens des priorités de notre société. Prenez la piscine de Roubaix, l'Atrium du Clan de la Rose. Il y a quelques mois à peine, on y entassait des cuves de sang en guise d'hôpital de fortune pour éponger les conséquences de nos guerres intestines. Aujourd'hui, sous la lumière tamisée des chandeliers se reflétant sur l'ancien bassin , on y installe trente fauteuils bien alignés et un écran géant pour une projection privée. Le Régent Richard Lannes troque le costume politique pour la casquette de réalisateur. Et grand bien lui en a pris.

Soyons clairs d'emblée : je suis un homme de faits, rarement impressionné par la fiction. Pourtant, face à La Confession des Ombres , il m'a fallu ranger mon cynisme au vestiaire pendant un peu plus de deux heures.

Un cahier des charges "Hollywoodien", transcendé par l'exécution

L'intrigue ne révolutionne pas le genre, mais elle le maîtrise avec une efficacité redoutable. Nous suivons Rachel Deschamps, une étudiante lilloise de l'ENSAM , obsédée par la légende d'un tableau du XVème siècle censé faire pleurer les pécheurs. Accompagnée par Hugo Blanchard, un archétype d'aventurier chasseur de trésors, notre duo se lance dans un jeu de piste haletant pour retrouver l'œuvre perdue.

Le récit coche consciencieusement toutes les cases du grand cinéma d'aventure : la découverte d'un vieux carnet de moine , la secte de mercenaires armés jusqu'aux dents (le très subtil "Lion de Judé") , l'exploration de chapelles secrètes sous les rues de Rouen , une course-poursuite nautique sur la Seine , pour finalement culminer dans une crypte taillée à même la Mer de Glace à Chamonix. Il y a de la romance, des énigmes, et bien sûr, la grenade de rigueur qui fait s'effondrer le temple à la dernière minute.

Le triomphe de la technique : L'ingénierie de l'émotion

Mais là où Richard Lannes signe un véritable tour de force, c'est dans la réalisation. Le film est découpé en 18 scènes. Toutes plus sensationnelles les unes que les autres.

Les effets spéciaux d'une discrétion chirurgicale , les maquillages remarquables d'Ariane Delacroix, et surtout, la bande originale de Céleste de Villiers. Les notes de violon vous prennent à la gorge dès l'apparition du titre et ne vous lâchent plus. C'est un montage dynamique, oscillant entre des plans-séquences d'une tension étouffante lors des scènes d'infiltration et des moments d'une poésie rare. Il faut avouer que le film est une machine à distiller l'émotion. On en ressort essoré, saturé d'un cocktail d'adrénaline, de stress, de passion et d'un étrange sentiment de liberté.

Le verdict de Percy's News

Je me garderai bien de vous divulgâcher l'issue de cette quête ou l'état dans lequel nos héros achèvent ce périple. Disons simplement que le dénouement tient toutes ses promesses en matière de tension et de pyrotechnie, pour s'achever sur une révélation des plus habiles. Un appel du pied monumental pour une suite, qui prouve que Monsieur Lannes possède autant le sens du spectacle que celui des affaires.

La Confession des Ombres est une leçon de cinéma. Monsieur Lannes nous prouve que s'il excelle dans l'art de diriger un Domaine, il est encore meilleur pour manipuler nos émotions à 24 images par seconde. Un chef-d'œuvre de l'illusion qui mérite amplement les louanges qu'il va récolter.

Si seulement la politique de notre Cour était écrite avec autant de cohérence que ce scénario, nos nuits seraient bien plus reposantes.


Note de la rédaction : 9/10. Le point manquant est justifié par le torticolis occasionné par mon voisin de siège, resté figé en transe pendant quarante minutes.